JE ME DIS QUE J'AI DÛ VIVRE ÇA !

Au cœur du bloc avec Michel Doucet.

Je m’appelle Michel Doucet, j’ai 61 ans. Je suis né le 8 juillet 1960. Je suis tombé malade le lundi de Pâques 2013. C’était un 1er avril !

C’est à ce moment-là que l’on a découvert que j’avais la maladie de Barlow. (Anomalies de la valve mitrale). Cette maladie est plus fréquente chez les femmes mais dans ma famille, mon père, mon frère et mon fils sont également atteints. En savoir plus


Hospitalisé les premiers jours à Aix-en-Provence puis très vite transféré à Marseille, Michel Doucet a été opéré par le Professeur Frédéric Collart à l’Hôpital de la Timone.



C’est avec une émotion intense et troublante qu’il évoque cette période.

Il est indéniable qu’il y a un avant et un après le 1er avril 2013…. Il fait partie de ces personnes qui reviennent de loin comme on dit…


Nous nous sommes rencontrés chez un ami commun. Lorsqu’il a découvert le livre Au cœur du bloc, je l’ai senti bouleversé, il avait besoin de me parler de son histoire. Il était très ému.

Et nous avons regardé ensemble toutes les photographies du livre, les unes après les autres...


Pourquoi ce livre t’a-t-il bouleversé ?

Tout d’abord, lorsque j’ai vu le livre, j’ai eu du mal à tourner les premières pages. Quand je vois la photo des écarteurs, je les sens dans les pectoraux.

Rien que d’en parler, j’en ai la chair de poule, je ressens les gestes dans ma poitrine et pourtant j’étais endormi. Le corps, c’est évident, a une mémoire du stress vécu, de ce qui s’est passé.

Ces images m’ont permis d’avoir l’œil du chirurgien qui m’a ouvert en deux.

Ça me fait du bien de voir ! Je comprends mieux les gestes qui ont été faits. Beaucoup de ces images me touchent et je me dis que j’ai du vivre ça…

Je voudrais pouvoir regarder ce livre avec le Professeur Collard.


Et le Noir & Blanc ?

Personnellement j’adore le noir et blanc. Je trouve qu’il met une distance et qu’il permet de dédramatiser les images. C’est presque paisible.

Mais il y a aussi un côté bande dessinée et fantasmagorique comme par exemple « la photo avec la scie qui fait son travail mais on n’a pas le bruit ».


Peux-tu me parler de ta (tes) cicatrice(s) ?

Lorsque l’on se réveille, ce qui nous reste, c’est la cicatrice, et aussi les marques des quatre points de passage de drains, qui sont, pour moi, le plus douloureux à vivre.

D’ailleurs personne ne peut toucher ces cicatrices, j’ai toujours une appréhension. Après plus de 8 ans, je commence seulement à me les réapproprier. Heureusement je ne vois plus celles des drains. Et encore, j’ai la chance d’être un homme.

Je suis aussi très marqué par les cicatrices dès que je vois des gens qui en ont.


Ma vie a basculé au moment de cet accident. Il reste de cette période une véritable trace écrite dans et sur mon corps.


Un souvenir marquant de l’équipe ?

Bien évidemment je suis très reconnaissant envers le Professeur Collard.

Je voudrais aussi revoir le docteur Fulachier pour le remercier. Il a été extraordinaire. Je suis pour lui « celui qui avait chaud au pôle nord »… (sourire)


Et puis je me souviendrai toujours d’une infirmière de nuit à Aix, c’était en réanimation. Suite à une montée d’angoisse, je respirais à contre temps de la machine, je me débattais et j’essayais d’enlever le masque. J’étais véritablement en détresse. Cette infirmière m’a pris la main (larmes aux yeux) pour m’aider à me recentrer avec la machine. Ça fait partie des personnes que j’aurai voulu remercier


Un seul mot pour synthétiser cette épreuve ?

(Très long silence)

Je dirais CHANCE !


Encore un mot ?

Avec ce livre, j’ai l’impression d’avoir bouclé quelque chose, d’être arrivé au bout d’un voyage, je vais pouvoir enfin avancer.

Et je sais qu’il est là près de moi si j’en ai besoin !



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