" UN TRAVAIL D'ÉQUIPE ! "

"Au coeur du bloc" avec Nicolas d'Ostrevy https://fr.ulule.com/au-coeur-du-bloc/




" Je m’appelle Nicolas d’Ostrevy, j'ai 34 ans. Je suis chirurgien cardiaque dans le Service de Chirurgie Cardio-Vasculaire du Professeur Lionel Camilleri au CHU Gabriel Montpied de Clermont-Ferrand.

C’est un service que je connais bien depuis longtemps pour y être passé étant étudiant en médecine, puis interne, puis jeune chirurgien puis chirurgien senior.

Accessoirement, je suis aussi passionné de photographie. "

Comment est née l’idée de me proposer de venir photographier l'univers du bloc opératoire ?

Au cours d'un repas chez l’une de nos voisines, qui est l’une de tes amies, nous avons découvert les métiers des uns et des autres et tu nous as parlé de ton premier livre : « Du cœur dans les poings, Farida El Hadrati ».

Nous avons longuement parlé de photographie jusqu’au moment où je t’ai proposé de venir faire une journée au bloc opératoire.


Tu as rencontré Lionel Camilleri,

Tu es venue une première fois, puis une autre et encore d'autres fois…

Il a fallu que l’équipe te connaisse, te fasse confiance. Le temps aidant, tu en as fait partie et aujourd’hui tu peux rentrer au bloc sans que cela joue sur les émotions de chacun et sans que cela ne perde le naturel de la situation.


Justement, à ton avis, comment la présence d’une photographe a-t-elle été vécue par l’équipe ?

Initialement, il y avait ceux qui, d’emblée, se réjouissaient que l’on puisse s’intéresser au bloc opératoire qui est un milieu extrêmement fermé, ce que l’on appelle un milieu clos sous contraintes, un peu comme dans un sous-marin ou l’on travaille sous pression et sous contraintes vitales.

Et puis ceux, avec une certaine réserve, qui se demandaient si tu saurais respecter les règles d’asepsie et le secret médical.

Tu as appris à respecter ce que l’on impose au bloc opératoire pour la sécurité des patients et malgré toutes ces contraintes, tu as réussi à photographier.

Finalement, tu as été très vite adoptée par l’ensemble de l’équipe.


Trouves-tu utile de montrer des images de ce monde et de l'ouvrir à tous ?

C’est un milieu où l’on ne pourra jamais organiser de "journées portes ouvertes". (sourires)

Il est profondément inconnu, même de beaucoup de médecins qui ne sont pas passés dans des blocs de chirurgie cardiaque pendant leurs études. C’est intéressant de voir que cela interpelle.

Et de le faire à travers un livre de photographies permet d’enlever le côté « brutal » de la chirurgie.


Et le Noir et Blanc des photographies ?

Justement, en noir et blanc, cela apporte une certaine douceur. Le côté, un peu plus travaillé, sur les ombres et sur les lumières rappelle aussi le clair-obscur des peintres néerlandais.


Quel est le message qu’il te plairait de faire passer au travers de ces images ?

Il transparaît déjà dans tes photos que c’est un travail d'équipe !

Le patient connaît son chirurgien mais finalement le chirurgien n’est rien sans son équipe.

Je ne peux rien faire sans mon aide opératoire, sans mon instrumentiste.

Je dis « mon » ce n’est pas une relation de possession, c’est une relation qui est personnalisée. Je connais mon anesthésiste, je connais mon instrumentiste, je connais mon aide opératoire. Je les pratique quotidiennement. Je dis « mon » parce qu’ils connaissent nos habitudes et inversement nous connaissons les leurs.

Le message c’est qu’il n’y a pas que le chirurgien autour du malade.

On est une équipe et finalement le sujet principal de ton travail photographique, c’est le patient !


En un mot comment tu définirais le service de chirurgie cardiaque ? Familial !

On se connaît tous très très bien.

Ce sont souvent les départs à la retraite qui font arriver de nouvelles personnes. Une instrumentiste du service vient de partir à la retraite. Quand j’étais étudiant, c'est elle qui m’a appris à me laver les mains. :))

On travaille dans une ambiance extrêmement familiale !

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